26.05.2009

"Le Cirque Lune" de Thibault ... créé en Suisse



Affiche Cirque Lune

Affiche de la programmation de ce spectacle,
envoyée gentiment par les organisateurs
Merci !

09:18 Écrit par Thibault dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

09.09.2004

 Le Cirque Lune (Conte musical)

(On entend un bruit de fond… Un mélange de musiques… Comme des gens qui entrent dans une salle)

"Entrez, entrez Mesdames et Messieurs ! Entrez, entrez dans le Cirque Lune.
Dans quelques instants, le spectacle va commencer... Installez-vous confortablement … Nous allons vous partager nos éclats de rire, de tendresse, d’émotions et de poésie...
Entrez, entrez dans notre univers et laissez-vous prendre par nos gerbes de couleurs, de mots, de musiques et de silences .... Le cirque Lune, Mesdames et Messieurs ... . . .Un voyage au clair de Lune !


C’est ainsi que commençait chaque représentation du Cirque Lune qui sillonnait, avec un succès de plus en plus grand, les routes de Belgique et d'ailleurs. Depuis près de deux mois, les spectacles se suivaient en attirant de plus en plus de monde ... Parfois, le chapiteau devenait même trop petit pour accueillir un public de plus en plus nombreux.

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C’est que … le Cirque Lune n’est pas un cirque comme les autres .... Ah çà, non !
Ohhhh … Il y a bien sûr, comme dans les autres cirques, funambules, dompteurs, jongleurs, magiciens et un clown, évidemment … Mais ce qui est vraiment très différent, c’est qu'ils n'y jouent pas le même rôle … Pas du tout… !!!
Je vous explique…
Le dompteur, par exemple, ce n’est pas du tout un dompteur d’animaux . Non , non ! mais bien ... une …oui …je dis bien …. "une" … dompteuse de chagrins.



Les jongleurs, eux, s’amusent à faire virevolter les rêves.
Les magiciens font danser les couleurs.



Les funambules ne font pas de l’équilibre sur un fil à 3 mètres de haut ... non ... mais sur des bulles de savon. On les appelle même "les Founambulles".

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Et le clown ... ah, le clown ! Il fait tellement rire !!!
Mais il y a quelque chose de différent dans le rire qu’il provoque .... c’est ... comment vous expliquer ... comme un rire rempli de tendresse et qui réchauffe de bonheur ...
Le public tout entier, grands et petits, ressort à chaque fois du spectacle avec ... comme une trace de ce plaisir étrange qu’il a donné, de cette joie qu’il a partagée.
Ha ha ! On dirait que les gens, en quittant le chapiteau, ont envie que le monde soit plus beau ... oui, c’est ça ... ils ont envie que tout soit ... meilleur. Envie simplement de "rêver"… quoi ! Bizarre, hein ?

Et cela se disait ... et cela amenait de plus en plus de monde.D’ailleurs ... au moment où débute réellement l’ histoire que je vais vous raconter .... la file d’attente devant le chapiteau est très longue ...
Le directeur ne sait où donner de la tête pour déjà prévenir que tout le monde ne pourra pas entrer ...
Il court d’un à l’autre ... donne plein de coups de fil sur son Gsm ... essaie de voir si le chapiteau ne pourra pas rester le lendemain ....
Il y a beaucoup trop de monde ... pourtant il voudrait contenter chacun .....

Miracle ... il peut enfin annoncer à tous ceux qui attendent que le lendemain ... il y aura bien une autre représentation possible !!!!
Alors le public, en tout cas tous ceux qui attendaient, s’en retourne, consolé malgré tout par cette nouvelle.
C’est certain ... ils reviendront demain et peut-être seront-ils encore plus nombreux.
Le spectacle, lui, peut commencer.

( Chanson1 )
Le Cirque Lune

Le cirque Lune (extrait)


On est des fous
Founambulles ambulants
En équilibre
Libres comme le vent
Et sur nos bulles
Bulles d'eau, d'air, de savon
Danse la vie
Et l'envie de chants-sons

On a le don
De dompter les chagrins
Pour chaque larme
On s'arme de câlins
Il y en a tant
De tendresse à donner
Qu'il est grand temps
De tenter de s'aimer

Le cirque Lune
Vous ouvre grand son cœur
Comme une plume
Un instant de bonheur
Le cirque Lune
Vous offre ses couleurs
Comme une bulle
La rosée d' une fleur


Jongleurs de rêves
Ré-veilleurs de "plus beau"
Semeurs d'étoiles
De toiles et de pinceaux
Quand elles s'emballent
Nos balles, en volées
C'est comme un bal
Comme un ballet de fées

Rien que d'un coup
D'un coup d'baguette magique
De nos chapeaux
S'échappent, magnifiques
Plein de couleurs
Qui s'écoulent, aquabelles
Plein de nuances
Qui dansent avec le ciel
Puis y'a le clou
Le p'tit clown du spectacle
Qui fait sourire
Fourire par miracle
Une cabriole
Ca rigole aux éclats
Un p'tit clin d'oeil
Ca clignote de joie

Nous saltimbanques
Banquiers de poésie
Nous tous, artistes
Artisans du joli
Nous tous , en choeur
De notre cœur ému
Nous vous disons
"Merci d'être venus"


Les numéros se suivent ... et le public est ravi... Tout se déroule à merveille.
Arrive le moment où le petit clown entre en piste.
Un tonnerre d’applaudissements.
Ça va être génial !
Puis ... catastrophe ... un silence … Lourd … Pesant … Gênant.

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Tout le monde se regarde.
Personne ne comprend. Il ne se passe rien. Rien du tout !

Il est bien là, le clown. C’est bien lui, c’est sûr. Mais il reste là, les bras ballants ... comme un pantin désarticulé ...
Sans rien dire, sans rien faire.
Pourtant il tente bien quelques gestes ... quelques sourires .... mais tout sonne faux. Il a plutôt l’air de s’excuser... et sa mine devient triste ... triste.
Personne ne rit. Personne ne sourit.
C’est la consternation ! Dans le public ... mais aussi dans la troupe ....

- "Enchaînez, enchaînez " ! crie le directeur, en faisant signe aux musiciens de combler ce trou cruel !- " Musique, musique ! "

Ce soir-là .... le public sort ravi bien sûr ... mais avec, dans la tête, la même question ... "Qu’est -ce qu’il est arrivé au petit Clown" ? ? ? ?
Pourtant … Il n’y a pas de reproches, pas de critiques, pas de rouspétances
…Juste un silence … Comme un sentiment de tristesse.
Avant, le petit clown communiquait son rire … En serait-il de même pour sa tristesse ? Un clown triste ? mais ce n’est pas possible ! ! ! !
Non, je vous assure … Pas un mot de travers. Juste une phrase par-ci, par là
-" Ca peut arriver hein ! " ou
-" Le pauvre, il avait l’air d’avoir mal " ou encore
-" Quelle tristesse dans ses yeux ".
-" Vous croyez qu’il est malade ? "
Dans le chapiteau aussi, vous vous en doutez ! Toute l’équipe entoure le petit Clown…
Et là non plus … Pas de colère, pas de reproches … Juste l’envie de comprendre, d’aider, d’entourer, d’accompagner ….

(Chanson2)
Petit Clown

Petit Clown (extrait)



Petit clown
Gentil clown
Ton gros nez
Ton chapeau tout rose
Petit clown
Gentil clown
Tes souliers
Me font rigoler

Petit clown
Gentil clown
Sous ton nez
Ton chapeau tout rose
Petit clown
Gentil clown
Tes chagrins
Tu dois les cacher

Petit clown
Gentil clown
Tu nous rends
Souvent la vie rose
Petit clown
Gentil clown
Je t’envoie
De tous gros baisers


Mais le petit clown ne dit rien … En tout cas, pas un mot ne sort de sa bouche … Juste une larme, qui coule, lentement le long de sa joue …
Et un regard plein de tristesse.
Plein de silence.

Le directeur lui, c'est différent.
Oh ! n’allez pas croire que c’est un " méchant " comme on dit …
Non, non … Pas du tout. Mais il faut se mettre à sa place …
Il est responsable du cirque …
Il apparaît dans le groupe et s’adresse au petit clown d’une voix sèche :
-Écoute … Que ce soit clair ... Ça peut arriver une fois hein ! Mais pas deux !
Pourtant, au fond de lui, il est très ému et il sait aussi que le cirque Lune lui doit beaucoup à ce petit clown qui a tant fait rire les gens et dont on parle partout.
-Allez, secoue-toi, hein et que demain ça décolle hein ! ! ! Une bonne nuit là-dessus et on n’en parle plus !

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Le petit clown, lui, reste silencieux. Il baisse les yeux.

(Chanson3 )
Faut quand même y aller

Faut quand même y aller (extrait)



Y'aura jamais d ' omelettes
Sans casser quelques œufs
De patins à roulettes
Sans se faire quelques bleus
Y'aura jamais de roses
Sans trouver des épines
Y'aura jamais grand' chose
Sans coller de rustines

Y'aura jamais de pain
Sans avoir de pétrin
Y'aura jamais d'raisin
Sans avoir de pépins
Y'aura jamais de toit
Sans avoir quelques tuiles
Y'aura jamais de mois
Sans jamais s'faire de bile

Même quand ça ne va pas
Faut quand même y aller
Quand ça ne tourne pas
Faut quand même y r'tourner
Même si ça fait des bosses,
Même si ce n'est pas gai
Faut quand même que l'on bosse
Faut quand même y aller


Y'aura jamais d'méd'cin
Sans avoir de piqûres
Y'aura jamais d'cal'pin
Sans avoir de ratures
Y'aura jamais d'matins
Sans y laisser de plumes
Jamais de lendemains
Sans se choper des rhumes

Y'aura jamais d'chemin
Sans avoir quelques bosses
Y'aura jamais d'copain
Sans tomber sur un os
Y'aura jamais de haut
Sans avoir quelques bas
Y'aura jamais de chaud
Sans avoir quelques froids


Tout le monde se disperse … Lentement … Avec un sentiment de malaise, presque persuadé que, pour le petit clown, c’est bien plus grave qu’on ne pense… Et que ce n’est pas une nuit qui va arranger l’histoire. Mais qu’est-ce qu’il lui arrive ?
Le petit clown reste seul. Prostré.
Il lève la tête doucement. Très doucement.

( Chanson 4 )
Mon gros chagrin

Mon gros chagrin (extrait)



J’ sais pas c’qui s’passe
J’ ai peur de tout
Même pour un rien
Là, tout d’un coup
Ca me tracasse
J’ ai peur des coups
Peur de demain
J’ ai peur de vous
J’ sais pas c’ qu’ y arrive
J’ ai peur de moi
J’ me sens tout seul
Ca me fait froid
J’ suis tout craintif
J’ peux plus parler
Allez, docteur
Faut m’ réchauffer

Allez! docteur
Là, j'suis pas beau
A l'intérieur
Ca fait bobo
Allez! docteur
Faut v'nir m'aider
Y'a mon p'tit cœur
Qu'est tout blesse


J’ sais pas c’que j’ai
P’ t’ être que c’est rien
J’ voudrais qu’ on m’fasse
Tout plein d’câlins
J’ sais pas c’ que c’est
Mais j’ voudrais bien
Qu’ on m’ dise “je t’ aime “
Comme ça , pour rien
J’ voudrais qu’ on m’ dise
“Je t’ aime tout plein"
Sentir quelqu’ un
Tout près d’ ma main
On dirait pas
On dirait rien
Y s’ en irait
Mon gros chagrin

Allez! docteur
Là, j'suis pas beau
A l'intérieur
Ca fait bobo
Allez! docteur
Faut v'nir m'aider
Y'a mon p'tit cœur
Qu'est tout blesse


J’ sais pas c’qui s’passe
J’ ai peur de tout
Même pour un rien
Là, tout d’un coup
Ca me tracasse
J’ ai peur des coups
Peur de demain
J’ ai peur de vous


Puis il s’en va ! …


On entend des murmures …
On voit des ombres.
Et une étrange " chose " avec des fils partout.
On dirait … Une machine, oui, c’est ça … Une drôle de machine …
Comme une invention d’un autre siècle.
-Attention, doucement.
-Là, soulève un peu…
-Eh, mon pied ! ! ! !
-Eh faites gaffe, c’est fragile !
-Mais chuuuutttt bon sang … Pas de bruit ! ! ! !


Plus ils s’avancent, plus on les reconnaît…
Mais oui … ! Ce sont tous les artistes de la troupe.
Mais qu’est-ce qu’ils sont en train de manigancer ?
Et cette machine, ce bidule, ce truc abracadabrant … C’est quoi ça ? ? ? ?
Et pourquoi tout ce mystère ???
-Allez branche-là !
-Oui, faut faire un test
-Ca peut mal d’exploser ça ?
-Bon tant pis, je branche hein.
-Faites gaffe quand même hein !


Certains se reculent. La machine dégage de la fumée. Des lumières clignotent. Ça toussote, ça crachote. Mais c’est quoi, ce vieux machin déglingué ? ? ?
-Ok ! ça marche
-T’es sûr ?
-Oui ! mais ouiiiiii ! allez le chercher !


Quelques comédiens s’en vont et reviennent peu de temps après avec le petit clown.
Il a l’air complètement sonné, ahuri, les cheveux en l’air.
Comme s’il avait été réveillé en plein cauchemar.
Pourtant, ils savaient tous qu’il ne dormait pas.
La lumière de sa caravane était restée allumée.

-Voilà ! dit le magicien ... je n’en ai jamais parlé, mais voilà ! je suis … Heuu.…Aussi… heuuu … "Inventeur " je suis … L’inventeur de cette machine et donc … heuuu, voilà … C’est une machine très spéciale ! Voilà …Heuuuu c’est une machine qui …Voilà … Peut détecter les chagrins …Voilà.
Le petit clown est comme un automate. Il se laisse guider.
-Tu veux essayer ? Tu veux bien ?

Il fait un " oui " vague de la tête, pas très convaincu.
Ses copains l’intallent sur un genre de chaise … L’inventeur lui branche des câbles partout.
On dirait qu’il est entouré d’une grosse araignée.
-Prêt !
-Go

L’inventeur pousse sur un interrupteur et la machine re-démarre en faisant encore plus de fumée …Encore plus de bruit … Plus de lumières qui clignotent…
Tout le monde se recule. Le petit clown est impassible ! La fumée l’inonde.

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(Chanson 5 )
Détecteur de chagrins

(Voix de robot synthétique qui sort de la machine)

Détecteur de chagrin (extrait)



Détecteur est bien branché
Petit clown ... analysé
Pas de pannes mécaniques
De c' côté ... pas de panique
Comme vous dites ... " c'est O.K ! "
Rien de grave à signaler
Disque dur ... parfait état
Détecteur... voit pas ... c'qu'y a ?

Détecteur ... mode avancé
Pour circuits … examiner
Une zone ... tout en rouge
Y’a tous les cadrans qui bougent
C’est la zone du moteur
Vous l'appelez, je crois, "Coeur”
Ouh là là ... tout va très mal
Les aiguilles ... toutes ... s’emballent

S.O.S disque ... branché
Rien à faire... tout chamboulé
Détecteur cherche la cause
Avant que ... moteur... explose
Petit coeur ... tout saturé
Ou peut -être ... piraté
Trop de données de tristesses
Plus de mémoire de tendresse

Petit coeur, trop de blessures
De chagrins, de déchirures
A gardé bien trop longtemps
Tout le mal qu’il a dedans
Petit clown ... lui ...trop souffrir
Normal que ... lui ... fasse plus rire
Détecteur dit “S.O.S.
Petit clown est en détresse

Détecteur ... comprend pas bien
Tout ce qu’il voit ... les chagrins
Y’a tout plein ... images de guerres
De famines ... de misères
Petit clown ...lui ... trop sensible
Va péter ... tous les fusibles
Détecteur comprend plus rien
De ce qu’il voit des Humains

Détecteur ... faut arrêter
Sinon ... lui ... va tout sauter
Jamais vu ... tant de chagrin
Dans le moteur de quelqu’un
Trop tard ... attention ... danger
Détecteur ... plein de fumée
Signal d’alarme ... allumé
Détecteur va ex. … ex … pl... o ...


-Stopppppppp !!!!! crie l’inventeur.
-Tout le monde à terre
-Stopppppp !!!! Débranchez tout !!!! On en sait assez. Stoppppppp !!!!
-Protégez-vous !!!!

Ils se jettent au sol. À peine osent-ils regarder en direction de la machine.
Puis …
Un grand calme.
La fumée se dissipe peu à peu Tout le monde regarde le petit clown, en s’approchant tout doucement.
Mais lui, il est là, toujours aussi impassible. Aucune réaction. Comme si la fumée, les cris, l’explosion ne l’avaient pas fait sortir du coma dans lequel il était plongé.
Mais tout le monde a compris.
Voilà donc ce qu’il lui arrive ! ! ! !
Il a trop de chagrin. Trop de tristesse. Son cœur est rempli de brouillard.
Il s’est tellement concentré sur son rôle de clown que toutes les choses vilaines, les tristesses, les malheurs, il les a cachés au fond de lui…
Mais son cœur est trop plein.
Comme s’il était rempli de tous les nuages du monde.
Un petit clown, c’est fait pour rire non ?
C’est fait pour faire rire surtout.
Il se lève tout doucement et s’en va, en se retournant malgré tout vers ses copains comme pour leur dire " merci quand même ! "

(On entend, comme au début, un bruit de fond… Un mélange de musiques… De gens qui entrent dans une salle)
Il y a autant de monde que la veille. Même si c’est déjà la deuxième représentation au même endroit. À rien prêt, il aurait fallu encore refuser du monde.
Le directeur était satisfait. Il pensait, sans avoir rien dit à personne, que la mésaventure du petit clown se serait répandue comme une traînée de poudre dans la ville. Il croyait, en fait, que beaucoup de personnes ne seraient pas revenues.
Et il y avait encore plus de monde que prévu.
À votre avis ?
Bien sûr que les gens avaient parlé !
Bien sûr que ce qui était arrivé au petit clown avait été l’objet de discussions de toute la ville. Du marchand de journaux à la boulangerie, de la boucherie au guichet de la poste …
Tout le monde en parlait. Il aurait fallu être sourd ou dans son lit, en quarantaine avec quarante de fièvre pour ne pas avoir entendu parler du " l’affaire du petit clown "
C’est sans doute parce qu’il y avait eu un grand incendie, la nuit, dans une ferme, que l’on ne parlait pas encore de cette affaire dans les journaux locaux. Mais tout le monde était au courant.
Alors, il y avait ceux qui venaient voir la représentation comme si de rien n’était …
Mais il y avait ceux aussi, qui revenaient alors qu’ils étaient déjà venus, la veille. Et ceux-là revenaient pour … le petit clown. Certains, en espérant que cette fois, il ferait son numéro comme prévu, d’autres, simplement parce qu’ils avaient été touchés par sa tristesse, par son désarroi.


"Entrez, entrez Mesdames et Messieurs ! Entrez, entrez dans le Cirque Lune.
Dans quelques instants, le spectacle va commencer... Installez-vous confortablement … Nous allons vous partager nos éclats de rire, de tendresse, d’émotions et de poésie...
Entrez, entrez dans notre univers et laissez-vous prendre par nos gerbes de couleurs, de mots, de musiques et de silences .... Le cirque Lune, Mesdames et messieurs ... . . .Un voyage au clair de Lune !

En avant … C’était parti.

La grande parade … Comme la veille, les numéros se suivent. Comme la veille, le public est ravi. Il y a juste là-bas, à l'entrée des artistes … un monsieur, visiblement anxieux, qui fait les cent pas, qui tourne en rond. Vous avez deviné ? ? ?
Non pas le petit clown ! ! !
Le Directeur du Cirque ! ! !Le petit clown, lui … On ne l’a pas vu de la journée ! D’ailleurs personne n’a été le déranger. Pas parce que cela avait été le mot d’ordre, non … Personne n’avait rien décidé. Plutôt parce que chacun savait qu’il ne pourrait rien faire, sans doute même rien dire … Il valait mieux le laisser, pas le laisser tomber, non … Le laisser tranquille.
Même le Directeur n’avait pas cherché à le voir.

Roulement de tambour. La musique que les spectateurs de la veille connaissent bien … Celle qui annonce l’entrée du petit clown.
Et puis … Silence total !
Comme si tout le monde s’était passé le mot.
Le petit clown s’avance …
Non ! Ce n’est pas vrai !
Ohhhh, sa tête, son regard … Quelle tristesse encore !
Il s’arrête au milieu de la piste.
Puis, sans dire un mot, son regard fait le tour de l’assemblée …
Lentement…
Il y a un de ces silences … !!!!

Tout à coup … Son regard se fige.
C’est clair, il fixe quelqu’un.
Puis il s’avance, s’avance très doucement … Il monte dans les gradins …Toujours avec les yeux braqués vers un point précis.
Comme s’il était attiré par un aimant …
Hypnotisé !
Il s’arrête devant une petite fille …Et lui dit :

-Bonjour Tristesse !
-Bonjour !
dit la petite fille ... Tu me connais ?
-Oui !
répond le clown … Bien sûr !
-Mais tu ne m'as jamais vue avant ?
dit la petite fille
-Je t’attendais ! dit le petit clown
-Tu m’attendais ? dit la petite fille
-Oui ! dit le petit clown .... je te cherche depuis longtemps
-Comment sais-tu que c’est moi que tu cherchais ?
dit la petite fille
-C’est mon cœur qui me l’a dit … Tu ne t’appelles pas Tristesse ? répond le petit clown
-Si, c’est moi ! dit la petite fille
-Je le savais ! dit le petit clown Viens ! Tu veux ?

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(Chanson 6)
Tristesse

Tristesse (extrait)



Es-tu d’ici, es-tu d’ailleurs ?
Viens-tu de loin, de l’intérieur ?
Es-tu d’un tout autre pays ?
Viens-tu d’une autre galaxie ?
Dis-moi, depuis quand tu es là ?
Pourquoi t’es v’nue, pourquoi t’es là...?
Pourquoi je sens au fond de moi ?
Que c’est toi que j’attendais là ?
Pourquoi je te connais par coeur
Comme si t’étais à l’intérieur
Alors qu’on s’est jamais parlé
Alors qu’on s’est jamais croisés ?
Comment je connais ton prénom ?
Personne l’a dit, j’suis sûr que non
Pourquoi t’es là juste aujourd’hui
Juste au moment où moi j’m’en fuis ?

Je sais, Tu t’appelles Tristesse
Ca sonne en moi comme Douceur
Ca sonne en moi comme Tendresse
Comme une larme au fond du coeur


Pourquoi je sens ton coeur qui bat
Comme s’il cognait au fond de moi ??
Pourquoi j’me vois dans ton regard
Comme si j’étais d’vant mon miroir?
Pourquoi t’as là, au coin des yeux
Comme un nuage dans un ciel bleu
Comme une tache sur un soleil ?
Dis-moi, pourquoi, moi, c’est pareil?

Pourquoi t’as mal à mon bonheur ?
Que t’as d’la rosée sur mon cœur ?
Pourquoi t’es là , tendre et fragile
A tremblotter, battre des cils ?
Je savais qu’un jour tu viendrais
Et que je te reconnaîtrais
Je savais qu’un jour tu s’rais là
Que je saurais que c’était Toi


Il lui tend la main.
La petite fille lui donne la sienne.
Il l’emmène tout doucement vers la piste.
Un sourire léger, tendre, rempli d’émotion, apparaît sur ses lèvres.
Pendant tout ce temps, le public est resté silencieux … Mêmes les artistes n’ont pu s’empêcher d’avancer sur la piste pour voir ce qu’il se passait.
Le directeur du Cirque, lui-même, est resté sans réaction.
Pourtant il était prêt à crier à nouveau, comme la veille
"Enchaînez, enchaînez " !
" Musique, musique ! "

Le petit clown a amené Tristesse sur la piste.
Il va la faire asseoir.
Puis il revient au centre. Et, en regardant le public, tout à coup … Un large sourire.
Il crie :
" Je m’appelle "Petit Clown" ……… et je suis …. Je suis … un clown !!!! … … et je veux … je veux … vous faire RIRE.
Maintenant, oui … maintenant … je sais pourquoi! Merci ! Merci … à vous tous ! Viens … Tristesse … venez … venez tous !


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(Chanson 7)
Sur chaque larme

Sur chaque larme (extrait)



Sur chaque bout de larme
Dessiner un sourire
Sur les cris, le vacarme
Déposer un soupir
Sur chaque déchirure
Faire éclore un bourgeon
Et sur chaque blessure
Inventer des moissons

Sur chaque brin de peine
Un ruisseau de tendresse
Sur chaque coup de haine
Un pinceau de caresses
Sur les coups de cafard
Des filets de douceur
Sur le gris du brouillard
Des crayons de couleurs

Sur chaque solitude
Une graine d'amour
Et sur chaque inquiétude
Un petit grain d'humour
Et sur chaque souci
Et sur chaque chagrin
La beauté de la vie
La chaleur d'une main

Sur chaque bout de larme
Dessiner un sourire
Sur les cris, le vacarme
Déposer un soupir
Sur chaque déchirure
Faire éclore un bourgeon
Et sur chaque blessure
Inventer des moissons
Inventer des moissons


La petite fille qui, au début, avait l’air si triste, a maintenant, sur son visage, un large sourire, un sourire éclatant. Elle s'est approchée du petit clown.
Plus la chanson avance … Plus elle sourit …
Et plus elle sourit, plus le petit clown est heureux
. Tous les artistes sont heureux. Ils les rejoingnent tous deux et les entourent. Certains spectateurs même, ceux ou celles qui ont compris tout ce qu'il venait de se passer, quittent leur place et viennent, eux aussi, au milieu de la piste.
Le directeur du Cirque frappe dans ses mains.
Le public s’y met de plus belle

(Chanson 8)
Faire sourire la terre

Faire sourire la terre (extrait)



A vous les clowns, marionnettistes
Conteurs d’histoires et musiciens
Vous saltimbanques, autres artistes
Passeurs de rêves, magiciens
Si vous alliez de par la terre
Tout comme s’en vont les médecins
Soigner les peurs et les misères
Avec du sourire en vaccin

Allez ! nez rouges et cabrioles
Farandoles et grandes parades
Baguettes magiques, histoires drôles
Si vous la f’siez, cette croisade
Si la terre éclatait de rire
Plutôt qu’éclatent les canons
Les champs de mines, les champs de tirs
Se transformeraient en chan-sons

Allez par tristesses et blessures
A travers larmes et douleurs
Parmi chagrins et déchirures
Parmi famines et terreurs
Mettez du rire dans vos seringues
Plein de bonheurs sur vos drapeaux
Que vos uniformes soient dingues
Que vos fusils soient rigolos

C’est vrai qu’il en faut du courage
Pour lutter contre la misère
Sans autres armes dans ses bagages
Que celles de faire sourire la terre
Mais si jamais y’avait plus rien
Plus rien qu’un fou-rire à donner
Faudrait qu’il l’attrape, ce s’rait bien
Ami....demain...le monde entier


Le public crie " encore, encore ! "
Il est déchaîné…
Les artistes saluent et quittent la piste…
La petite fille et le petit clown s’en vont aussi …
Lentement…
Main dans la main …
Et lorsqu’ils ne sont presque plus que des ombres … On entend comme un murmure…
-Merci, Tristesse !
-Merci p’tit clown !
-J’allais mourir, tu sais !
-Je sais
-Comment ! Tu savais ?
-Oui … Je savais ! Pourquoi crois-tu que j’étais là ?
-Mais … Comment ? Comment savais - tu ?
-Mais c’est ton cœur, petit clown ! C’est ton cœur qui m’a appelée
-Mon cœur ?
-Mais oui ! Toi, tu m’as bien reconnue ?
-Oui … C’est vrai ! Je savais qui tu étais ! Que tu étais tristesse !
-Normal …
-Normal ?
-Mais oui … C’est normal puisque j’habite … j’habite "dans" ton cœur
-Mais alors ? Si je t’ai reconnue ! C’est que … C’est que … Moi aussi alors … J’habite dans ton cœur ? ? ? ?
-Oui … Évidemment !
-Je t’aime Tristesse
-Je t’aime petit Clown
-Maintenant … tu sais…
-Oui, je sais
-Je ne t’abandonnerai jamais. Tu le sais …
-Non, tu ne m'abandonneras jamais … c'est vrai …
-Mais maintenant que tu sais tout ça … Alors tu sais aussi … que … chaque larme qui coulera sur ta joue … C’est moi qui frappe à ton cœur ! Et que tu peux me faire sourire, même si je m’appelle Tristesse !
-Oui, maintenant, je le sais
-Allez viens !
-Oui allons-y !
-Il y a tellement … tellement de larmes …. à faire sourire……………………………………
-Oui … tellement !




Fin

Faim

En"fin" … si l'on veut ! … façon de parler !